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Consulter une carte géologique

Sur quel site internet ?

Il n'est évidemment plus question, à l'ère du numérique, de consulter des cartes au 1/50 000 imprimées sur papier.

Deux sites sont utilisables:

  • si on cherche essentiellement à faire un lien entre topographie et géologie, à repérer sur quelle couche géologique se situe un lieu-dit, il faut aller sur le site Géoportail de l'IGN. Remarquable ! Comment a-t-on pu vivre sans ! Et si facile d'usage. Attention quand-même, pour ceux qui veulent aller plus loin que la simple consultation : il est possible de faire ses propres cartes, par exemple en pointant des occurrences de lieux-dits, mais le système d'enregistrement de la carte sur son compte personnel, puis de rappel de la carte éditée, n'est pas d'un usage aisé.
  • pour aller plus loin dans la connaissance des couches géologiques repérées sur Géoportail, il faut aller sur le site du BRGM. Rappelons que c'est le Bureau de Recherches Géologiques et Minières qui a édité l'ensemble de la cartographie géologique française. Pour détailler la nature des roches, vous devrez accéder à la légende des couches, puis éventuellement à la notice de la carte géologique, qui est un véritable livre, écrit par un auteur spécialiste de la région en question.

La procédure à suivre est moins évidente que celle de Géoportail, je vous la détaille ici :

 

Infoterre

Comment lire une carte géologique ?

Il existe quelques grands principes à connaitre :

  1. La carte est une représentation en 2-D qui ne donne des informations que sur ce qu'on peut observer comme roches en surface (on parle d'affleurements). La notice de la carte peut éventuellement donner des informations complémentaires telles que : succession de roches le long d'un front de taille vertical, résultats de sondages profonds.
  2. les roches sont, en gros, de deux types : les roches cristallines (exemple : le granite) qui sont en principe les plus anciennes et qui forment le socle. Sur ce socle se sont déposés des sédiments, en principe marins, qui sont devenus, une fois émergés des roches sédimentaires. Intermédiaires entre les deux existent des roches métamorphiques qui sont des roches sédimentaires transformées par la chaleur et de fortes pressions. Les roches volcaniques se sont formées par éruption de magma à la surface.
  3. Les roches sédimentaires se sont déposées dans un certain ordre, ce qui permet de les dater les unes par rapport aux autres : si les roches sédimentaires en place n'ont pas subi de mouvement de retournement, la roche la plus âgée est celle qui est la plus profonde. Les classements chronologiques, à l'aide des fossiles trouvés dans les roches sédimentaires, ont permis de distinguer des étages appelés ères géologique, de l'ère primaire (la plus ancienne) à l'ère quaternaire. Ces ères sont subdivisées en périodes. Ainsi, l'ère secondaire comprend, du plus ancien au plus récent : le trias, le jurassique, le crétacé. Les roches cristallines, formées par cristallisation à haute température, ne contiennent pas de fossiles. Elles sont très difficiles à dater.
  4. la carte géologique fait apparaître des plages de différentes couleurs. Dans le cas des roches cristallines, en gros chaque couleur correspond à un type de roche, avec des variations locales qui ne sont pas cartographiables. Il suffit de regarder la légende de la carte. Par contre, dans le cas des roches sédimentaires, un code-couleur ne correspond pas à un type de roche, mais à un étage stratigraphique (donc une période dans le temps). Par exemple, en Bourgogne du sud, le jurassique est divisé en une quinzaine de codes-couleurs différents. On a essayé de regrouper dans de mêmes codes-couleurs des étages géologiques où les roches sont à peu près du même genre, mais il arrive qu'un même étage (donc une même couleur sur la carte) puisse voir se succéder des roches différentes : une roche argileuse, puis un calcaire massif. La légende de la carte montre généralement une coupe sédimentaire théorique, et indique simultanément l'étage chronologique et le type de roche qu'on y trouve.
  5. Les couches sédimentaires sont souvent bousculées par des mouvements tectoniques qu'elles ont subis après avoir été formées : les poussées consécutives à la formation des montagnes (en France, Alpes et Pyrénées) ont cassé les couches en marches d'escalier (ce sont les failles, repérables par des traits noirs sur la carte), et ont incliné, voire plissé certaines couches.
  6. En zone sédimentaire, la lecture de la carte peut être rendue plus compréhensible en réalisant une ou plusieurs coupes permettent de schématiser l'empilement successif des couches, et les déformations subies. Parfois, la notice contient de telles coupes.
  7. La lecture de la carte géologique est rendue compliquée par l'existence, par-dessus les roches en place, de roches de "deuxième génération" qui embrouillent la compréhension. Le géologue parle alors de "formations superficielles". La situation la plus simple est celle d'une rivière, qui a déposé de telles épaisseurs d'alluvions que le géologue auteur de la carte ne peut pas voir, et donc représenter, les roches en place. Les colluvions sont des dépôts de bas de pente. Ils peuvent avoir une épaisseur de plusieurs mètres. Plus compliquée est la situation de formations superficielles rocheuses issues de roches en place plus récentes (donc situées au-dessus), qui ont disparu, mais pas totalement : leurs éléments les plus durs sont restés en place, parfois sur plus d'un mètre d'épaisseur. Sauf dans le cas, rare, où une carte des formations superficielles a été établie en plus de la carte géologique, on trouvera notées par-dessus les codes-couleurs de la carte géologique des mentions portant sur les formations superficielles.
  8. Précision de la carte : une carte géologique ne peut pas être prise au pied de la lettre. Sa précision est toute relative. Lorsque les différentes roches sont facilement identifiables en surface, ou apparentes dans le relief, la précision est bonne. Dans les parties du paysage où les identifications sont malaisées, il est impensable de vouloir placer une limite géologique à 50 m près. Une carte se fait par une succession de sondages ponctuels, suivie de beaucoup d'extrapolations. D'autre part, certaines couches sédimentaires marines peuvent être hétérogènes dans l'espace : quand on se déplace, on peut trouver des roches différentes dans un même étage stratigraphique. L'imprécision de la carte géologique est mise en évidence à la jonction entre deux feuilles au 1/50 000 par l'inadéquation entre les limites des couches de part et d'autre de la jonction ; parfois même deux auteurs différents vont identifier la même couche comme des étages stratigraphiques différents, donc des codes-couleurs différents.