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Géologie de la zone étudiée

Les grandes unités paysagères

Carte chagny ma con

Fond de carte : extrait de IGN-Géoportail

Carte géologique

Ge ol chagny ma con coupe

Extrait de la carte géologique au 1/250 000. BRGM

Coupe A-B

Coupe ab 1

Les côtes chalonnaise et mâconnaise à grands traits

Le paysage des deux côtes est essentiellement structuré par les plateaux de calcaires durs du jurassique moyen : ce sont ces calcaires, le plus souvent jaune à ocre, qui constituent les lignes de falaises, au-dessous desquelles est cultivée le plus souvent la vigne. Ce sont des calcaires peu fossilifères pour le profane, que l'on retrouve très souvent comme appareillage des maisons traditionnelles. Ce type de roche a été exploité dans les carrières de Buxy (côte chalonnaise) pour fournir une pierre quasi marbrière de belle qualité. En côte chalonnaise, les plateaux sont régulièrement inclinés, descendant vers l'ouest et montrant leur front d'érosion à l'est. Lorsque les sols sont suffisamment épais, ces plateaux offrent de très bonnes terres céréalières. Lorsque le sol est très mince, ces calcaires portent les chaumes (pelouses calcaires, voir dans "Toponymie-géologie").

En mâconnais, de structure géologique plus complexe, les calcaires du jurassique moyen se repèrent dans le paysage en une série, assez semblable au relief du Jura, de crêtes et de combes parallèles, alignées dans la direction générale de l'ensemble de la côte : SSO-NNE.

Plus au sud, la célèbre roche de Solutré est constituée de ces calcaires.

 

Au-dessous, se trouvent des terrains très fossilifères tendres (argiles, marnes …), puis vient une autre couche très particulière, sur laquelle nous reviendrons souvent : le calcaire gris à gryphées du sinémurien. Les gryphées sont des huitres fossiles.

Extrêmement dur, peu gélif, pouvant souvent supporter un beau poli, le calcaire à gryphées a été exploité dans plusieurs carrières. Il a la particularité de constituer des blocs de grande taille, remontés par le soc de la charrue, mais faciles à épierrer, qu'on retrouve souvent autour des champs. Une fois épierrés de ces blocs, les champs portent de bonnes terres à céréales. Les blocs sont parfois si imposants qu'ils constituent des dalles de grande taille, qui ont souvent été utilisées telles quelles en construction (perrons, toits de fontaines …). Ces dalles sont reconnaissables entre toutes : leur face inférieure est pétrie de coquilles de mollusques.

Une autre particularité de cette couche sédimentaire est la très grande taille des ammonites fossiles qu'elle contient.

Peu structurante du paysage, sauf à l'extrême nord de la zone où il peut se trouver en position de plateau, ce calcaire affleure sur une surface réduite en côte chalonnaise, mais il s'agit d'une couche emblématique.

Perron

Ci-dessus, perron constitué d'une dalle de calcaire à gryphées, Saules (71)

Calcaire a gryphe es en place

Cathe drale

Ci-dessus, dalle en calcaire à gryphées poli, cathédrale de Chalon-sur-Saône

 

À gauche, la roche en place

 

 

Les couches sédimentaires situées au-dessous des calcaires à gryphées sont très peu fossilifères, voire plus du tout (grès du trias). Les grès sont en contact avec le socle granitique.

 

 

 

 

Au-dessus des calcaires jaune-ocre du jurassique moyen, mais qui n'affleurent pas en côte chalonnaise, on trouve dans le mâconnais la couche que les géologues appellent la "dalle nacrée". Son aspect très particulier en "plat à huitres" est similaire à celui du calcaire à gryphées :

Dalle nacre e

Le jurassique supérieur est constitué d'une forte épaisseur (plusieurs dizaines de mètres) de calcaires caractérisés par leur blancheur. Couches tendres et dures alternent, ainsi que couches riches en fossiles de mollusques bien individualisés et couches qui en sont quasiment dépourvues.

S'ils affleurent de manière accessoire en côte chalonnaise, ils sont par contre très présents sur tout le flanc est du mâconnais.

Aucune cartographie de couche fossilifère n'est possible dans le mâconnais, du fait de la difficulté à distinguer entre eux les différents étages du jurassique supérieur.

Une fois brossé grossièrement le tableau des couches sédimentaires, il faut dire un mot des formations superficielles :

Elles sont très présentes à certains endroits des côtes chalonnaise et mâconnaise. Elles sont surtout siliceuses (non calcaires). Nous en décrirons certaines à l'occasion de l'étude des toponymes {GOURLE} et {CHAILLOUX}. Parfois épaisses de plus d'un mètre, ces formations siliceuses permettent à une végétation acidiphile de s'installer (châtaignier), cotôyant la végétation calcicole.

 

Roches dures ou tendres, sols argileux ou sableux, roches silicatées ou calcaires, sols pierreux ou non, tous les gradients de pente du plat jusqu'à la falaise : en croisant tous ces éléments, on obtient une mosaïque de possibilités. Cela se ressent en partie sur la microtoponymie : dans de telles conditions, la dénomination d'un lieu-dit par ses caractères naturels intrinsèques devient tout à fait pertinente.